À 14 ans , il décide de jouer au rugby et demande à Aleberto Granado,frère de son camarade de collège Tomas et son ainé de 6 ans, de lui en enseigner les rudiments. Une nouvelle qui catastrophe littéralement ses parents: non seulement cet enfant obstiné décide de conjurer ses déficiences physiques en choisissant un sport violent, mais il faudra désormais l'accompagner aux matchs avec de la ventlotine à portée de main en cas de crise d'asthme.
Outre le rugby et la natation, la pelote basque et l'athlétisme, Ernesto aime le tennis et le golf. Quand il ne fait pas de sport , il joue aux échecs, un exercie intellectuel qu'il prisera toute sa vie. À 15 ans, esprit sain dans un corps sain, il rétorque à l'ami Alberto tout juste sorti d'un séjour en prison après avoir participé à une manifestaion d'étudiants: "Descendre dans la rue pour me faire tabasser... Moi, si on me donne pas un flingue, je ne marche pas..."
Sportif accompli, l'adoslescent Ernesto n'en demeure pas moins ce qu'il a toujours été: un passionné de lecture. Ses intérêts vont de Freud à Kipling, de Baudelaire à Shakespeare de Garcia Lorca à Sophocle. D'une sensibilité à fleur de peau, il écrit très jeune des poèmes et gardera toujours le goût de la poèsie, en même temps celui de l'écriture. À 17 ans, il rédige un traité de philosophie inspiré de Voltaire. Vers la même époque, il entame un journal intime qui ne le quittera plus.
Peut-être pour ce soigner, plus probablement pour soulager son prochain, Ernesto décide,au début de l'année 1947, de devenir médecin. Même si l'université qu'il préfère est la rue ou les champs où travaillent les paysant, il monte à Buenos Aires poursuivre ses études. bientôt, l'occasion lui est donnée de découvrir la pratique sur le terrain. Alberto Granado, frais diplomé de médecine, à qui le lie maintenant une réelle amitié, lui propose de le rejoindre pendant ses vacances à la léproserie où il travaille, à San Francisco del Chanar, dans la cordillère. L'été 1948, Ernesto bricole un moteur sur son vélo et part rejoindre son ami, à quelques 800 km de la capitale. Un premier voyage qui sonne rétrospectivement comme un prélude.